Trois ans après sa signature, l’accord UE-Tunisie continue d’alimenter un cycle d’abus


À travers cet accord, l’UE a renforcé sa politique d’externalisation et de contrôle de ses frontières, avec un coût considérable pour les droits humains et la vie des personnes en migration refoulées en Tunisie.

Trois ans après la signature du Mémorandum d’entente (MoU) entre l’Union européenne (UE) et la Tunisie, l’accord n’a pas seulement échoué à garantir le respect des droits des réfugiés et des migrants : il a alimenté et normalisé de graves violations des droits humains, tout en affaiblissant la capacité de l’Union européenne à répondre à la détérioration de la situation des droits humains dans le pays.
L’UE et ses États membres ont mobilisé plus de 105 millions d’euros pour soutenir les interceptions en mer et le contrôle des frontières, notamment à travers la fourniture de bateaux, d’équipements, de formations, d’un soutien opérationnel et d’un centre de coordination des opérations de sauvetage maritime (MRCC), conçu pour empêcher les personnes de rejoindre l’Europe depuis la Tunisie.

Cette politique alimente des cycles d’abus : les personnes interceptées en mer et débarquées en Tunisie sont fréquemment renvoyées ou refoulées clandestinement vers la Libye, où elles sont exposées à des détentions arbitraires, à l’exploitation et à de nombreuses violences.
Au sein d’une déclaration commune à 46 organisations de défense des droits humains, nous appelons la Commission européenne et les États membres de l’UE à suspendre immédiatement leur soutien à la Tunisie en matière de contrôle des frontières et de gestion migratoire.
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