Pilotes Volontaires dans Le Monde

Hier, Julia Pascual journaliste au Monde, a accompagné Pilotes Volontaires lors d’une mission
de patrouille en mer. Voici son article, publié ce matin sur leur site web, www.lemonde.fr

DE RETOUR DANS LES AIRS

Le Colibri 2 assure la relève…
Nous sommes de retour dans la zone de recherche avec le nouvel avion,à la recherche de personnes en détresse.
 Le Mare Jonio et l’Astral sont en route.
Excellente nouvelle !
Ensemble, nous tenterons de venir en aide aux personnes qui fuient des conditions de vie inhumaines.

Question : pourquoi continuer de voler?

Pourquoi patrouiller s’ il n’y a plus de bateaux d’ONG ?
Que nous soyons présents dans les airs ou pas, que les bateaux d’ONG soient présents en mer ou pas, les embarcations précaires et non adaptées à une telle traversée vont continuer à prendre la mer.
C’est une réalité que nous ne pouvons ignorer.
De ce fait, plutôt que ces personnes périssent sans que personne n’en sache rien, nous préférons qu’elles soient secourues par les gardes-côtes libyens.
Entre une mort certaine en mer et un retour en Libye, même si nous savons que la situation y est dramatique, le choix est évident. En parallèle, nous avons établi des contacts avec des ONG internationales présentes en Libye afin qu’elles fassent le maximum pour être présentes lors des débarquements pour apporter aux rescapés, protection et assistance.
Nous attendons avec impatience le retour des bateaux de sauvetage.
Le Colibri survole inlassablement la zone de recherche
Notre demande est :
– Que soit mis en place un cadre d’intervention clair garantissant le strict respect des différentes conventions internationales
– Que les bateaux des ONG puissent intervenir sereinement et de la façon la plus efficace possible, sans avoir à se demander si ils vont devoir errer des jours et des jours avant de pouvoir débarquer des naufragés secourus
Autant de jours perdu pendant lesquels ils ne sont pas présents en mer pour sauver plus de vies. Les récents déboires de l’Aquarius va les éloigner de la zone de recherche pendant des semaines. Heureusement l’Astral des Espagnols (Proactiva Open Arms) est de retour sur zone.  
Nous ne souhaitons à pas  ce stade, prendre part au débat politique ni plus blâmer les MRCC ou les bateaux marchands, car nous partons du principe que toutes ces entités où est plus particulièrement les hommes et femmes qui y travaillent, en bons marins, souhaitent pouvoir sauver des vies, dans le respect des conventions internationales relatives aux secourus en mer, telle que décrit dans la Convention de Hambourg, premier chapitre. 1.3.2, qui dit :
Les opérations de sauvetages sont destinées à repêcher des personnes en détresse, à leur prodiguer les premiers soins médicaux ou autres dont ils pourraient avoir besoin, et à les remettre en lieu sûr.
Idem pour les bateaux marchands : ils doivent recevoir des garanties que tout sera mis en oeuvre pour faciliter le débarquement des naufragés qu’ils auraient pris à bords, dans le respect des conventions internationales, afin qu’ils puissent reprendre la mer au plus vite.
Aujourd’hui c’est tout le contraire qui est fait. C’est inacceptable et scandaleux.
Dans cette période troublée ou des discours que l’on croyait appartenir aux jours les plus sombres de notre Histoire commune récente, refont surface, il nous parait essentiel de rappeler que quelles que soient nos opinions sur la question des mouvements migratoires et de leurs origines, on ne peut pas accepter que des milliers de personnes – hommes, femmes et enfants – se noient dans l’indifférence la plus totale.
Face à cette situation inadmissible, en tant que citoyens du monde, nous devons décider de quel côté de l’Histoire nous souhaitons nous placer.
Une chose est sûre, nous ne pourrons pas dire à nos enfants et petits-enfants que nous ne savions pas.
Tout doit être mis en œuvre pour sauver plus de vies. Rappelons que nous avons tous le devoir de porter assistance à des personnes en danger et en ce qui concerne les secours en mer, assistance à personnes en danger de mort imminent par noyade.

Pilotes Volontaires


 

Un triste anniversaire

Aujourd’hui, nous nous souvenons des 366 hommes, femmes et enfants qui, il y a cinq ans, ont perdu la vie en traversant la Méditerranée au large de l’île de Lampedusa.
La tragédie était inacceptable à l’époque et l’est encore aujourd’hui.
Le plus inacceptable est que nous ne fassions pas plus pour empêcher de nouvelles victimes.

Solidarité avec l’Aquarius

Il y a quelques jours, lors d’une maraude aérienne au large des côtes libyennes, l’équipage de Pilotes Volontaires a fait une triste découverte : un corps sans vie, repéré flottant au nord-est de Zuwarah. Une mort de plus, une mort de trop, qui aurait pu être évitée. Selon le HCR et l’OIM, septembre a été le mois le plus meurtrier jamais documenté. 1 personne sur 5 s’est noyée ou a été portée disparue alors qu’elle tentait de traverser la Méditerranée.
Le Colibri et l’Aquarius patrouillent dans la zone de recherche.
L’absence de navires de sauvetage ne fait qu’aggraver ce dramatique bilan. L’ Aquarius doit pouvoir revenir au plus vite en mer pour accomplir ses missions d’assistance à personnes en danger.
Le 6 octobre, soyons le plus nombreux possible pour  descendre dans les rues, partout en France et ailleurs en Europe, pour soutenir l’ Aquarius. Pour ma part, je serai à leurs côtés à Paris, Place de la République, à 14h30. Soyons les gouttes qui ensemble formeront la Vague Orange !
José Benavente, Pilote Volontaire.

http://www.sosmediterranee.fr/…/manifestation-rassemblement…

Mauvais temps sur la Méditerranée

Ces derniers jours, les conditions météorologiques sur la méditerranée ont été extrêmement mauvaises. Aujourd’hui encore il a été impossible de voler.

Heureusement, notre avion de remplacement pour le Colibri, endommagé pendant la tempête, a pu se faufiler entre les orages et après plus de 7h de vol, est arrivé à bon port hier. Quand le temps s’améliorera – demain peut-être- nous serons prêts à voler à nouveau.

Nous vous remercions tous pour votre soutien ! Vos dons nous aident à rester dans le ciel et à tenter de sauver des vies!

Colibri endommagé

Nous avons le regret de vous annoncer que le #Colibri est actuellement cloué au sol, ayant subi des dégâts lors d’un récent orage alors qu’il était au sol. Cependant, nous avons pu sans délais trouver un avion de remplacement ! Nous serons de nouveau en capacité d’effectuer nos vols d’observation. Le Colibri va être réparé.

Votre soutien nous aide à rester opérationnels !

[Faites un don ici:]

Un bilan dramatique

Aujourd’hui, notre équipage du Colibri a fait une triste découverte : un corps sans vie a été repéré flottant au nord-est de Zuwarah. Une mort de plus, une mort de trop qui aurait pu etre evitee. Selon UNHCR et IOM, septembre a été le mois le plus meurtrier jamais documenté.

1 personne sur 5 s’est noyée ou a été portée disparue alors qu’elle tentait de traverser la Méditerranée.

L’absence de navires de sauvetage ne fait qu’aggraver ce dramatique bilan

LE MONDE

Deux pilotes français achètent un avion pour sauver des migrants en Méditerranée.

un article écrit par Maryline Baumard – 1 er mai 2018

En investissant toutes leurs économies, les deux hommes se sont offert un petit avion afin d’aller repérer les canots en perdition au large de la Libye. Première mission le 2 mai.
…/…

Un canot de migrants surchargé, au nord de la Libye, le 3 février 2017.
Un canot de migrants surchargé, au nord de la Libye, le 3 février 2017. Emilio Morenatti / AP

« Vraiment utiles, tout de suite »

Pragmatiques, les deux fondateurs de Pilotes volontaires savent que la capacité de repérage depuis un avion qui survole les eaux à basse altitude est cent fois supérieure à une observation depuis le pont d’un navire. Ils savent aussi que cet appui aérien manque cruellement aujourd’hui en Méditerranée et que durant le premier trimestre 2018, quelque 500 personnes ont encore péri au large des côtes libyennes, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

…/…

Véritable mouvement citoyen

Depuis longtemps déjà il mûrissait l’idée de survoler la Méditerranée pour sauver les migrants….

« On démarre avec l’argent qu’on a. On a ouvert un site pour récolter les dons. Il y a derrière notre opération l’idée que tout le monde peut participer, même avec quelques euros », rappelle l’humanitaire. L’esprit qui préside à Pilotes volontaires est proche de celui qui a permis à SOS Méditerranée de se développer, en entraînant un véritable mouvement citoyen dans son sillage.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/05/01/deux-pilotes-francais-achetent-un-avion-pour-sauver-des-migrants-en-mediterranee_5293037_3224.html#g56sQ5hvLqhFUQdG.99

Article sur France 3

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/pilotes-volontaires-deux-aviateurs-veulent-secourir-migrants-naufrages-mediterranee-1456907.html

“Pilotes volontaires” : deux aviateurs veulent secourir les migrants naufragés en Méditerranée

 

Deux pilotes de la région, José Benavente et Benoît Micolon, vont lancer une collecte de fonds pour pouvoir survoler la Méditerranée à la recherche d’embarcations de migrants.

 

Un petit avion, le “Colibri”, pour survoler la mer Méditerranée à la recherche d’embarcations de migrants en danger. C’est le beau projet de deux aviateurs de la région qui n’est pas loin de se concrétiser avec l’appui d’une collecte de fonds.

José Benavente est né à Lyon et a grandi à Vénissieux. Benoît Micolon, lui, est installé à Chamonix. Tous les deux travaillent dans le milieu de l’aviation. Et tous les deux sont sensibles depuis longtemps au sort des migrants victimes de naufrages en mer.

Je me suis dit qu’il fallait qu’on essaie de faire quelque chose

L’idée m’a traversé l’esprit il y a pas mal de temps” confie José Benavente, “il y a une quinzaine d’années“, lorsqu’il était à Conakry, en Guinée. “On parlait déjà de traversées entre le Sénégal et les Îles Canaries” et de naufrages mortels dans l’océan Atlantique.

Puis éclate la guerre en Libye, en Syrie, au Soudan, et les traversées se font de plus en plus nombreuses en Méditerranée. Les catastrophes aussi. “Je me suis dit qu’il fallait qu’on essaie de faire quelque chose” se souvient-il.

 

Un “besoin essentiel” pour les ONG

En janvier, José Bonavente prend contact avec des ONG connues pour porter secours aux migrants échoués en Méditerranée.Je n’avais rien, seulement une adresse email et je suis tout de suite tombé sur la bonne personne.”

Leur point faible était clairement identifié, c’était l’observation aérienne

Il s’avère que l’aide qu’il propose comble la principale faiblesse des organisations comme SOS Méditerranée et son Aquarius. “Depuis deux ans, ils avaient réussi à mettre en place un dispositif, mais leur point faible était clairement identifié, c’était l’observation aérienne.” Jointes à leur tour, deux ONG espagnoles leur confirment qu’il s’agit d’un “besoin essentiel “.

Le natif de Lyon contacte alors Benoît Micolon, son ami de longue date, pilote de ligne installé en Haute-Savoie. Ensemble et de façon personnelle, en-dehors de leurs professions respectives, les deux hommes fondent “Pilotes volontaires” et vont lancer une cagnotte en ligne : 300 000 euros afin d’assurer leur mission sur le long terme.

L’avion déjà acheté

Pour l’heure, leurs fonds propres ont permis d’acheter un modèle MCR-4S qu’ils ont rebaptisé “Colibri” en hommage au mouvement de Pierre Rabhi et pourraient déjà assurer une dizaine de vols, mais pas plus. C’est la raison pour laquelle leur association lance un appel aux dons qui se limite pour l’instant à son site internet.

 

Ils envisagent de s’installer à Malte,pour un mélange de raisons techniques et logistiques” puisque l’île a une position centrale, à une heure de la bande de 150 km de long sur 50 km où ils comptent patrouiller, au large de Tripoli.

Les deux pilotes avaient d’abord pensé s’installer sur l’île italienne de Lampedusa. “On aurait gagné 10 minutes de vol, mais il y avait un risque de vents de travers forts au retour.” Ils ont préféré jouer la carte de la sûreté.

Un premier vol à la mi-juin ?

L’équipe continue à s’agrandir et pour l’heure, leur Colibri subit quelques modifications “pour pouvoir voler plus longtemps sans escale” et disposer d’un parachute en cas d’urgence. Le premier vol est prévu au début du mois de mai. “La météo va devenir plus favorable, ils vont lancer beaucoup de bateaux depuis la Libye.” Pas question de rater le coche, des vies humaines sont en jeu.